La femme dans le Coran : Lumière, dignité et modèles éternels

Introduction

Louange à Allah, Celui qui a honoré les fils d’Adam et parmi eux les filles d’Ève, et qui a élevé leurs degrés par la foi et l’obéissance. Que la prière et le salut soient sur Muhammad ﷺ, celui qui a rappelé :
« Les femmes sont les sœurs jumelles des hommes. » (Abû Dâwûd)

L’homme et la femme ne sont que deux branches d’un même arbre, deux miroirs qui se complètent. Avant l’islam, la fille était enterrée sous la poussière, considérée comme une honte. Mais le Coran est descendu comme miséricorde : il a lavé la souillure de l’ignorance et a fait de la femme un être honoré, une âme responsable, une servante d’Allah au même titre que l’homme.


I. Création et dignité

Allah dit :

« Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et de celui-ci Il créa son épouse… »
(An-Nisâ’ 4:1)

Observe donc : la racine est une, et de cette racine naît la complémentarité. Il n’a pas créé l’homme d’une lumière et la femme d’une ombre, mais les deux d’une même essence. L’âme de la femme est noble comme l’âme de l’homme, et leur mission est identique : adorer Allah, craindre Son châtiment et rechercher Sa proximité.

Ainsi, quand Allah énumère les vertus, Il les énumère pour les deux :

« Les musulmans et les musulmanes, les croyants et les croyantes, ceux qui jeûnent, ceux qui se prosternent… Allah leur a préparé un pardon et une énorme récompense. »
(Al-Ahzâb 33:35)

Celui qui prétend que la femme est inférieure en essence n’a pas goûté au sens du Coran ni à la sagesse de la création.


II. Le mariage : miséricorde et épreuve

Allah dit :

« Et parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses afin que vous trouviez auprès d’elles tranquillité ; et Il a mis entre vous affection et miséricorde. »
(Ar-Rûm 30:21)

Le mariage n’est pas seulement union des corps, mais rencontre des âmes. La femme est vêtement pour l’homme et l’homme vêtement pour la femme. Comme le vêtement protège, cache et embellit, de même chacun protège l’autre, cache ses défauts et embellit sa vie.

Le Prophète ﷺ disait :
« Le meilleur d’entre vous est le meilleur envers sa femme. » (At-Tirmidhî)

Ainsi, la mesure de la virilité n’est pas dans la dureté mais dans la douceur. Celui qui honore sa femme est honoré par Allah, et celui qui l’humilie s’humilie lui-même.

Et si la séparation survient, le Coran n’a pas permis qu’elle se fasse dans la haine :

« Reprenez-les avec bienfaisance, ou séparez-vous d’elles avec bienfaisance. »
(Al-Baqara 2:229)

Regarde la sagesse divine : même dans le moment de rupture, la femme garde son droit à la dignité.


III. La maternité : noblesse du sacrifice

Lorsque le Coran mentionne la mère, il l’associe immédiatement à l’effort et à la douleur :

« Sa mère l’a porté dans la peine et l’a mis au monde dans la peine. »
(Al-Ahqâf 46:15)

La maternité est un jihad silencieux, un combat quotidien. L’homme s’émerveille de la bravoure des guerriers, mais oublie parfois que la mère, en portant son enfant et en veillant sur lui, accomplit un effort plus long et plus lourd.

C’est pourquoi, quand un homme demanda au Prophète ﷺ : « Qui mérite le plus ma bonté ? », il répondit :
« Ta mère. » — « Et après ? » — « Ta mère. » — « Et après ? » — « Ta mère. » — « Puis ton père. »
(Al-Bukhârî et Muslim)

Trois fois la mère, une fois le père : telle est la balance divine.


IV. La pudeur et la lumière intérieure

Allah dit :

« Dis aux croyants de baisser leurs regards… et dis aux croyantes de baisser leurs regards. »
(An-Nûr 24:30-31)

La pudeur est la parure de la foi. Elle n’est pas enfermement, mais lumière qui protège le cœur et élève l’âme.

Certaines femmes ont uni pudeur et courage, comme Nusayba bint Ka‘b, qui protégea le Prophète ﷺ à Uhud, recevant de nombreuses blessures sans fléchir. Ainsi, la pudeur ne signifie pas faiblesse, mais noblesse.


V. Modèles coraniques

  • Maryam, élue parmi les femmes du monde, est louée non pour sa beauté ou sa richesse, mais pour sa chasteté et sa foi.
  • Asiya, épouse du Pharaon, vivait dans le palais du tyran mais son cœur habitait déjà le Paradis.
  • La mère de Moïse, qui jeta son enfant dans le Nil avec confiance, nous apprend que la vraie force de la femme est dans son tawakkul.

VI. Femmes de l’histoire islamique

  • Khadîja fut soutien du Prophète ﷺ quand tout le monde l’abandonnait.
  • ‘Â’isha transmit la science à des générations.
  • Fâtima az-Zahrâ’ fut un exemple de piété et de dignité.
  • Râbi‘a al-‘Adawiyya fut l’incarnation de l’amour désintéressé pour Allah : « Je ne T’adore pas par crainte du feu ni par désir du Paradis, mais par amour pour Toi. »

Ces femmes sont des étoiles dont la lumière guide les croyantes et les croyants.


Conclusion

La femme dans le Coran est un souffle de miséricorde, un dépôt sacré, une âme honorée. Elle est mère qui éduque, épouse qui apaise, fille qui embellit, savante qui éclaire, combattante qui défend.

Celui qui réduit la femme à un simple corps ignore la profondeur de la révélation. Car en vérité, la grandeur d’une femme n’est pas dans ce que voient les yeux, mais dans ce que porte son cœur : foi, patience et sincérité.

Allah a honoré la femme par des exemples éternels. Heureux est celui qui médite sur Maryam, Asiya, Khadîja, Fâtima, et toutes celles qui ont porté la lumière.

« Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. »
(Al-Ahzâb 33:35)


📖 Sources :

  • Ibn Kathîr, Tafsîr
  • At-Tabarî, Jâmi‘ al-Bayân
  • Al-Qurtubî, Al-Jâmi‘ li-Ahkâm al-Qur’ân
  • Ibn Hishâm, As-Sîra
  • Ibn Sa‘d, At-Tabaqât
  • Al-Bukhârî & Muslim, Sahîh