Introduction
Louange à Allah, Maître des mondes, Celui qui a créé les cieux et la terre avec équilibre et mesure. Il a soumis les astres, les vents, la pluie, les montagnes et les océans afin de faciliter la vie de l’homme et de lui rappeler la générosité de son Seigneur. Allah dit :
« N’avez-vous pas vu qu’Allah a soumis à votre service tout ce qui est dans les cieux et tout ce qui est sur la terre, et qu’Il vous a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés ? »
(Sourate Luqmân, 31:20)
Ainsi, la création entière est un service rendu à l’homme, non pour l’arrogance et la domination destructrice, mais pour qu’il médite, remercie et agisse en gardien fidèle du dépôt divin.
1. Le respect de la nature : signes et bienfaits au service de l’homme
Chaque élément de la nature est à la fois un signe (âyah) et un bienfait (ni‘ma). Allah a fait descendre l’eau pour faire revivre la terre, a donné aux arbres leurs fruits, et a soumis les animaux pour le transport et l’alimentation :
« C’est Lui qui a fait descendre du ciel une eau dont vous buvez, et dont [poussent] des plantes grâce auxquelles vous faites paître vos troupeaux. Par elle Il fait pousser pour vous les céréales, les oliviers, les palmiers, les vignes et toutes sortes de fruits. Voilà bien là une preuve pour des gens qui réfléchissent. »
(Sourate an-Nahl, 16:10-11)
Ces versets révèlent que la nature est donnée à l’homme comme un outil de subsistance et d’élévation spirituelle. La détruire ou l’altérer est une ingratitude envers Celui qui a soumis toutes choses.
Le Prophète ﷺ nous a encouragés à préserver la végétation :
« Si l’Heure survient alors que l’un de vous a dans sa main un plant de palmier, qu’il le plante avant de se lever. »
(Rapporté par Ahmad et authentifié par al-Albânî)
Planter un arbre est donc un acte de foi, une œuvre qui perdure au-delà de la vie de l’homme.
2. L’homme comme khalîfa : responsabilité et amâna
Allah a établi l’homme comme gardien de la terre. Cette dignité est inséparable d’une responsabilité :
« Et ne semez pas la corruption sur la terre après qu’elle a été réformée. »
(Sourate al-A‘râf, 7:56)
La corruption ne se limite pas à l’injustice sociale, mais englobe aussi la destruction de l’environnement, l’épuisement des ressources et le mépris des créatures.
Le Prophète ﷺ a interdit de gaspiller l’eau, même lors des ablutions, comme le rapporte Ibn Mâjah. Il montrait ainsi que l’économie des ressources est un acte d’adoration et un pilier d’un développement équilibré.
Il a également interdit de tuer inutilement les animaux ou de les faire souffrir :
« Quiconque tue un moineau sans raison, celui-ci se plaindra à Allah le Jour du Jugement. »
(Rapporté par an-Nasâ’î)
Être khalîfa, c’est donc veiller à ce que la terre demeure féconde, accueillante, et proche du modèle du Paradis promis.
3. Vers un développement durable : modération et équilibre
L’islam a établi une voie médiane qui correspond aujourd’hui à ce que l’on appelle « développement durable ».
- Économie de l’eau : l’eau est un don vital qu’il faut préserver. Le Prophète ﷺ faisait ses ablutions avec une poignée d’eau, enseignant que la modération protège la communauté entière.
- Soin des végétaux : planter, entretenir et protéger les arbres est une sadaqa jâriya (aumône continue), car chaque être vivant qui bénéficie de leur ombre ou de leurs fruits compte comme une récompense.
- Respect des animaux : leur bien-être est une obligation. Le Prophète ﷺ a loué un homme pour avoir donné à boire à un chien assoiffé, et il a condamné celui qui avait fait souffrir une bête de somme.
Ces enseignements dépassent leur contexte historique : ils tracent une éthique intemporelle où chaque génération est appelée à protéger les ressources et à léguer une terre vivable à ses descendants.
Conclusion : Faire de la terre un jardin du Paradis
Si l’homme assume son rôle de gardien, la terre devient un reflet du Paradis promis. Par la foi et les bonnes actions, la corruption est remplacée par la justice, la stérilité par la fécondité, et la violence par la miséricorde.
Allah dit :
« C’est Lui qui a produit pour vous la terre comme un lit et le ciel comme un édifice, et Il a fait descendre du ciel une eau, par laquelle Il a fait pousser des fruits pour votre subsistance. Ne donnez donc pas des égaux à Allah alors que vous savez ! »
(Sourate al-Baqara, 2:22)
Ainsi, contempler la création, la préserver et l’embellir est un chemin qui mène au Créateur. L’objectif du croyant n’est pas seulement de vivre sur la terre, mais de la cultiver de telle manière qu’elle rappelle à chaque instant la beauté du Jardin éternel.
La parabole de la pluie et du Coran : revivification du cœur
Allah a multiplié dans le Coran les paraboles liant la pluie et la révélation. La pluie redonne vie à la terre morte, et le Coran redonne vie aux cœurs morts.
« N’as-tu pas vu que la terre devient desséchée ? Puis, quand Nous faisons descendre sur elle de l’eau, elle remue, se gonfle, et fait pousser toutes sortes de splendides couples de végétaux. »
(Sourate al-Hajj, 22:5)
De même, le cœur qui s’éloigne de la Parole divine s’assèche, devient dur et stérile. Mais lorsqu’il reçoit les versets, il s’adoucit, s’élève et porte des fruits de foi et d’œuvres pieuses. Ibn al-Qayyim disait : « Le Coran est pour les cœurs ce que la pluie est pour la terre : il fait vivre ce qui est mort, il purifie ce qui est souillé, et il fait fructifier ce qui est stérile. »
Ainsi, contempler la pluie tombant sur la terre aride, c’est contempler l’effet du Coran sur l’âme : une renaissance, une lumière et une floraison.
